Depuis le 1er janvier 2024, les obligations de la loi EGalim ne concernent plus seulement les cantines publiques. La loi Climat et résilience les a étendues à toute la restauration collective privée, crèches et micro-crèches comprises. Beaucoup de gestionnaires pensent que ces objectifs sont réservés aux grosses structures, ou hors de portée d’un budget serré. En réalité, la taille d’une micro-crèche est plutôt un atout. Voici comment faire.

Ce que dit la loi

1. 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de bio
Le calcul se fait en valeur d’achat hors taxes sur l’année, pour l’ensemble des denrées. Le bio compte à la fois dans les 20 % et dans les 50 %. Les produits en conversion vers le bio sont aussi comptés dans les 20 %.

Les principaux signes et mentions comptabilisés sont :

  • l’agriculture biologique (AB) ;
  • le Label Rouge ;
  • les AOP/AOC, IGP et STG ;
  • la certification environnementale HVE ;
  • l’écolabel Pêche durable ;
  • la mention « fermier » ou « produit de la ferme » ;
  • les produits issus des régions ultrapériphériques (RUP).

La liste complète et à jour est disponible sur la plateforme ma cantine.

⚠️ « Local » ne veut pas dire « EGalim ». Un produit local sans label ne compte pas dans les taux, même s’il reste un très bon choix.

2. 60 % de viandes et poissons durables et de qualité (loi Climat et résilience)
Depuis le 1er janvier 2024, au moins 60 % des viandes et poissons achetés doivent être des produits durables et de qualité, toujours en valeur. Ce taux monte à 100 % pour la restauration collective de l’État, de ses établissements publics et des entreprises publiques nationales.

3. Informer les familles
Une fois par an, la structure doit indiquer aux usagers la part de produits durables et de qualité, et de produits bio, servis dans les repas. En crèche, les usagers sont les familles. Un affichage et une communication électronique suffisent : panneau d’entrée, courriel, application parents.

4. Déclarer ses achats sur ma cantine
Chaque année, avant le 31 mars, il faut télédéclarer les achats de l’année précédente sur la plateforme ministérielle ma cantine. Si vos repas sont fournis par un prestataire, il peut faire la déclaration pour vous. Vérifiez-le par écrit.

À savoir : le plan de diversification des protéines ne concerne que les structures servant plus de 200 couverts par jour. Le menu végétarien hebdomadaire est obligatoire en restauration scolaire, mais la loi ne l’impose pas en crèche. Il reste possible s’il est adapté aux besoins des tout-petits, avec des œufs, des produits laitiers et des légumineuses. Enfin, dans les outre-mer, des objectifs adaptés sont fixés par arrêté.

Pourquoi c’est plus accessible qu’il n’y paraît en micro-crèche

Une micro-crèche accueille une douzaine d’enfants au plus, avec des portions adaptées aux tout-petits. Un exemple :

Viande standardVolaille Label Rouge
Portion (enfant de 1 à 3 ans)environ 20 à 30 genviron 20 à 30 g
Quantité pour 10 enfants250 g250 g
Coût indicatif du repas2 à 2,50 €3,50 à 4 €
Surcoût par enfantenviron 0,15 €

Prix indicatifs, à ajuster selon vos fournisseurs.

Passer à la qualité coûte donc quelques centimes par enfant et par repas, et non plusieurs euros. Comme le calcul se fait en valeur, les produits labellisés, plus chers, font aussi monter vos taux plus vite.

7 leviers pour atteindre les taux sans exploser le budget

1. Mettre le bio sur les produits de base. Lait, yaourts nature, farines, pâtes, riz, semoule, légumes secs, pommes de terre, carottes, pommes : ce sont les produits bio dont l’écart de prix est le plus faible. Et ils pèsent lourd dans vos achats.

2. Mettre le label sur les protéines. Vous visez 60 % de viandes et poissons de qualité ? Commencez par la volaille Label Rouge ou bio, les œufs bio (qui comptent parmi les produits durables) et le poisson labellisé Pêche durable. Les petites portions limitent le surcoût.

3. Cuisiner des produits bruts et de saison. Un plat industriel coûte plus cher qu’un plat fait maison et rapporte rarement des points EGalim. Une purée de carottes bio maison coûte moins cher qu’un petit pot premier prix.

4. Financer la qualité par la lutte contre le gaspillage. Ajustez les grammages à l’âge réel des enfants, suivez les restes pendant deux semaines et adaptez vos commandes. Chaque euro économisé sur le gaspillage peut servir à acheter de la qualité.

5. Acheter à plusieurs. Réseaux de micro-crèches, groupements d’achat, magasins de producteurs avec compte professionnel, grossistes bio : les volumes groupés font baisser les prix.

6. Négocier avec votre prestataire. En liaison chaude ou froide, exigez dans le contrat :

  • les taux EGalim garantis ;
  • un relevé annuel des achats par catégorie ;
  • la prise en charge de la télédéclaration.

C’est lui qui supporte l’effort d’approvisionnement, pas vous.

7. Suivre les taux au fil de l’eau. Un simple tableur suffit, avec une ligne par facture et une colonne « bio », « autre label » ou « viande/poisson ». Faire le point chaque trimestre évite les mauvaises surprises en fin d’année.

Un cas particulier : les repas fournis par les familles

Si les parents apportent les repas, la structure n’achète pas les denrées et les taux EGalim ne s’appliquent pas à ces repas. Attention toutefois : les crèches financées par la PSU doivent fournir les repas. Et les obligations d’hygiène (PMS, chaîne du froid) restent pleinement applicables.

Faire de la contrainte un argument

Pour les familles, « 25 % de bio et 55 % de produits labellisés dans l’assiette de votre enfant », c’est un vrai argument de qualité. Utilisez l’information annuelle obligatoire comme un outil de communication : affiche illustrée, mot dans la newsletter, mise en avant lors des visites de préinscription.

EGalim n’est pas réservée aux grandes cuisines centrales. En micro-crèche, quelques choix ciblés suffisent à atteindre les taux, souvent pour quelques centimes par repas.

Sources : ma cantine : les 5 points essentiels sur EGalim · Préfecture du Puy-de-Dôme, restauration collective · Mesures EGalim et Climat (ma cantine) · Les Pros de la Petite Enfance, déclaration EGalim en crèche